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RDC – Allocution du chef de l’Etat : Un Dialogue national pour « refonder l'État »

30 Août 2026

RDC – Allocution du chef de l’Etat : Un Dialogue national pour « refonder l'État »

Dans une allocution solennelle, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement lancé, ce jeudi, le processus du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État. Une initiative inédite, conçue comme une réponse souveraine aux crises récurrentes qui fragilisent le pays depuis son indépendance.

Un constat lucide sur les échecs passés

D'entrée, le Chef de l'État a dressé un bilan sans complaisance des soixante-six années d'indépendance. Malgré les élans de courage et les victoires, la RDC reste confrontée aux mêmes fragilités : guerres successives, violences à l'Est, affaiblissement des institutions et prédation des ressources. Il a notamment pointé du doigt les limites des dialogues antérieurs, trop souvent réduits à des partages de pouvoir entre acteurs politiques, sans implication réelle des populations et sans mécanismes de suivi efficaces.

« Pourquoi tant d’accords n’ont-ils pas encore produit une paix durable et irréversible ? », s'est-il interrogé, appelant à une « exigence de vérité » sur les fragilités internes.

Aggression extérieure et fermeté souveraine

Tout en reconnaissant les erreurs du passé, le président a réaffirmé avec force que la RDC est victime d'une agression extérieure, confirmée par les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a exigé le retrait complet des forces étrangères non invitées et la fin de tout soutien aux groupes armés, rendant hommage aux FARDC, à la Police nationale et aux résistants Wazalendo qui défendent la souveraineté sur le terrain.

Un dialogue ancré dans les provinces et ouvert à tous

Le Dialogue national annoncé se veut radicalement différent des précédents. Il ne se tiendra pas d'abord à Kinshasa, mais s'ouvrira par une vaste consultation dans les 26 provinces, associant autorités locales, société civile, confessions religieuses, communautés, jeunes, femmes, diaspora et forces vives de la Nation.

Les assises nationales, qui se tiendront dans la capitale, seront l'aboutissement de cette parole populaire. Le processus, d'une durée maximale de trois mois, aboutira à l'adoption d'un Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État.

Des principes clairs : pas d'impunité, pas de négociation avec l'agresseur

Le président a posé plusieurs lignes rouges :

  • Le Dialogue ne se substituera pas aux processus diplomatiques en cours (Washington, Doha).
  • Il ne constituera ni une négociation avec l'agresseur ou ses supplétifs, ni un moyen de contourner les institutions ou le suffrage universel.
  • Aucune amnistie générale ne sera accordée pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité ou les violences sexuelles.
  • Une voie de réintégration individuelle est toutefois ouverte à ceux qui renoncent sincèrement aux armes.

Transparence et suivi : la promesse d'une rupture

Pour éviter l'échec des dialogues précédents, le président a promis une matrice publique de mise en œuvre, avec des échéances précises, des responsabilités clairement assignées et des rapports périodiques rendus publics. Un Comité d'organisation et une Commission préparatoire seront institués dans les prochains jours.

Un appel à l'unité nationale

En conclusion, le Chef de l'État a lancé un vibrant appel à toutes les Congolaises et tous les Congolais, en particulier à la jeunesse, à prendre toute leur place dans ce processus. Il a invité les acteurs politiques à la hauteur et à la responsabilité, et promis des mesures d'apaisement pour favoriser un climat serein.

« L’heure n’est plus aux postures stériles. L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action. »

Le processus est désormais officiellement lancé. La communauté internationale, notamment les États-Unis, le Qatar, l'Union africaine et l'Union européenne, est appelée à accompagner cette démarche, dans le respect de la souveraineté congolaise.

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